Le Master Thesis Award for Future Generations – Cooperative Sustainable Economy, valorise et récompense annuellement des mémoires ou travaux de fin d'études qui traitent de manière pertinente, soutenable et innovante de l’économie coopérative au sens large. Il s’agit plus concrètement de modèles et initiatives où des personnes s’associent volontairement pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs et où le pouvoir est exercé démocratiquement. Les politiques économiques visant à réguler ou à faciliter ces initiatives rentrent également dans le champ de recherche couvert par ce prix.

Un jury attribuera, chaque année, un prix de 2 500 euros au mémoire qui répond le mieux aux trois critères suivantes : répondre à un enjeu majeur de la société, intégrer les différentes dimensions d'un développement soutenable (environnement, social, prospérité, participation), dans une approche transversale du sujet et faire preuve d’innovation.

Pourquoi est-il fondamental que de nouvelles générations de professionnels dans le domaine économique s’intéressent à l’économie coopérative et intègrent les différentes dimensions d'un développement soutenable ?

Dans un contexte de multiples crises (économique, écologique, sociale, de sens), notre économie globalisée est remise en question. En effet, sa force motrice, la croissance continue, se heurte à l’épuisement des ressources naturelles et aux limites de la capacité régénératrice de la planète. Les inégalités s’accroissent et l’augmentation de la prospérité dans de nombreux pays ne s’accompagne pas d’une croissance du bien-être. L’importance de la spéculation financière, le poids des marchés financiers et le décalage avec l’économie réelle fragilisent non seulement le système économique, mais l’écartent aussi de sa fonction première : produire des produits et services qui répondent aux besoins des populations, tout en gérant les biens en bon père de famille (oikos – nomos).

Sous diverses dénominations, de nouveaux modèles économiques prometteurs se développent, tels que l’économie collaborative, l’économie de partage, l’économie P2P, …  Bien que ces modèles s’inscrivent souvent dans une démarche durable et solidaire, les interrogations sur les dérives potentielles se font de plus en plus nombreuses : marchandisation du partage et du don, captation par des investisseurs privés puissants, soupçon de concurrence déloyale, contournement de la régulation en vigueur, vecteur d’optimalisation des dépenses et donc d’hyperconsommation…

Dès lors, il est primordial pour les acteurs économiques de progresser dans la compréhension de ces nouveaux modèles et de saisir les pistes, les opportunités et les menaces qu’ils présentent. Il est aussi fondamental d’approfondir  la compréhension des conditions qui permettent de préserver, voire de renforcer la solidarité, la gouvernance démocratique et participative de ces initiatives et la répartition équitable des bénéfices.
Le modèle coopératif, vieux de plusieurs siècles, est inspirant à ce sujet. Il favorise notamment l’absence de spéculation, la répartition équitable des bénéfices, une vision à long terme, la création d’une plus-value humaine par le biais de la plus-value économique et l’implication des parties prenantes et de la communauté locale.

Enfin, il est également essentiel d’intégrer des préoccupations environnementales dans ces modèles économiques. Une économie pérenne et viable n’est possible que si les matières premières nécessaires se renouvellent à un rythme suffisant et si les écosystèmes qui sous-tendent ce renouvellement sont préservés.   

"Plutôt que de croire à la fin imminente du capitalisme ou à son inéluctable perpétuation, l'économie plurielle signifie qu'il y a possibilité de refouler progressivement et systématiquement l'aire économique déterminée par le seul profit. Cela implique non seulement l'extension du champ de l'économie sociale, mais aussi un ensemble d'évolutions dans tous les domaines, et la revitalisation de la notion capitale de solidarité surtout dans un contexte de désintégration des solidarités traditionnelles."
Edgar Morin, Sociologue français, 2010

 

Ce prix d'excellence est organisé par la Fondation pour les Générations Futures en partenariat avec Cera.