Le Master’s Thesis Award for Future Generations Sustainable IT valorise et récompense, annuellement, des mémoires ou travaux de fin d'études qui traitent des technologies de l’information de manière pertinente, soutenable et innovante. Il s’agit plus concrètement de l’ensemble des matériels, logiciels et services utilisés pour la collecte, le traitement et la transmission de l'information. Sont concernés, à titre d’exemple : les moteurs de recherche, les réseaux sociaux, les plates-formes collaboratives, Internet of Things, les Smart Cities, la robotique et l’Intelligence artificielle, etc. Les politiques qui régulent ou facilitent ces aspects font également partie du champ de recherche couvert par le prix.

Un jury attribuera, chaque année, un prix de 2 500 euros au mémoire qui répond le mieux aux trois critères suivantes : répondre à un enjeu majeur de la société, intégrer les différentes dimensions d'un développement soutenable (environnement, humain, économique, participation), dans une approche transversale du sujet et faire preuve d’innovation. (Voir critères de sélection du jury pour plus de détails).

Pourquoi est-il fondamental que de nouvelles générations de professionnels dans le domaine des technologies de l’information intègrent les différentes dimensions d'un développement soutenable ?

Tout au long de l’histoire de l’humanité, les technologies ont fait évoluer l’organisation des sociétés. Aujourd’hui, les technologies de l’information ouvrent la voie à des modèles de société plus durables.
En effet, l’activité́ économique dans son ensemble réduit ses émissions grâce aux technologies de l’information (gains d’efficacité énergétique des bâtiments et des transports, nouvelles conceptions de l’urbanisme, de la mobilité, etc.). Selon les estimations, les technologies de l’information pourraient permettre d’économiser de 1 à 4 fois les émissions de gaz à effet de serre liés à leur production et fonctionnement. L’évolution vers le « cloud computing » permet également des économies d’énergie et de matériel grâce au fait de partager de la capacité.

De plus, les technologies de l’information sont un secteur économique très dynamique. Les « smart-technologies » sont promises à un bel avenir et d’autres activités économiques se développent à grande vitesse, telles que les services liés à la vente des données (Big Data) ou les plates-formes collaboratives.

En outre, les technologies de l’information redessinent les territoires, maintenant reliés au monde global par Internet, même pour les plus enclavés. Internet a également un rôle très fort à jouer localement : en rapprochant les acteurs répartis sur le territoire, il fait évoluer l’organisation des territoires eux-mêmes et permet la constitution de boucles locales (circuits courts, donneries, SELs,…). Internet est donc un moyen de nous ouvrir aux enjeux globaux et de trouver des solutions locales.

En parallèle, les technologies de l’information modifient la pratique de la démocratie et des revendications de libertés fondamentales, en réorganisant les niveaux de parole des citoyens et des experts. Elles promeuvent également la liberté d’expression et la collaboration.

Enfin, ces technologies bouleversent l'éducation et la formation. L’enjeu est moins l’accumulation de connaissances que la capacité à traiter l’information. De nouveaux outils, plus interactifs, apparaissent.

Cependant, ces évolutions posent également plusieurs défis : malgré leur potentiel de diminuer les émissions, ces technologies représentent la principale consommation d'électricité des ménages, sont fabriquées avec des matières très polluantes et consomment toujours plus d’énergie. Ceci  est notamment dû à l’extension considérable de leur diffusion et aux difficultés à assurer l’alimentation électrique de centres de données géants. Une réflexion globale au sujet de leur impact écologique apparaît désormais urgente.

Par ailleurs, l’usage des technologies de l’information modifie profondément nos modèles économiques et nos façons de travailler. Citons par exemple la perte d’emplois liée à la robotisation ou les nouvelles relations d’emploi dans le cadre des plates-formes collaboratives (Uber, AirBnB, etc.).

Ensuite, les technologies de l’information et la transformation digitale posent diverses questions éthiques : sécurité et maîtrise des systèmes d’information, respect de la vie privée, accès et partage de données, analyse prédictive (comportement, santé, etc.), accès de tous à l’information, etc.
Liés à ces considérations éthiques se pose le besoin de régulation et de l’éducation critique de tous à la société de l’information, depuis l’enfance (et donc l’appropriation de ces techniques par les enseignants).

Cette analyse met en évidence le fait que ces enjeux ne peuvent être étudiés que de manière transversale, nécessitant une vision « à 360° ».

"It is undeniable today that citizens, the people, are the center of this digital revolution. They need to be its central players as well as its beneficiaries"
Gerardo Pisarello, First Deputy Mayor, Barcelona City Council. Keynote speach of the Smart City Expo World Congress 2016. Barcelona won the European Capital of Innovation prize from the European Commission in 2014 "for introducing the use of new technologies to bring the city closer to citizens"

Logos EVS - Civadis

 

Ce prix d'excellence est organisé par la Fondation pour les Générations Futures en partenariat avec EVS et CIVADIS.